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Formée par l’Arche dans le cadre d’une formation approfondie sur les neurosciences, je vous propose pour démarrer notre histoire en commun une série d’articles sur la naissance des neurosciences, discipline relativement nouvelle et qui est en train de révolutionner nos croyances sur le comportement de l’être humain. Nous allons, étape par étape, essayer de comprendre l’évolution scientifique et voir que de tout temps les Hommes se sont posé des questions sur les mécanismes permettant de ressentir, de sentir, d’entendre, de bouger, d’avoir un raisonnement, d’apprendre, de mémoriser ou même d’oublier. Les mécanismes qui nous permettent de nous endormir, comment est-ce que nous rêvons ? On peut se poser également les questions sur la manière dont les mécanismes permettaient de prendre des décisions, décisions pouvant avoir une influence considérable dans notre comportement au quotidien.

Toutes ces questions vont parfois trouver des réponses et d’autres vont rester encore sans réponse ou au stade de la théorie, d’hypothèses parce que les connaissances en neurosciences ne sont pas encore suffisamment matures pour répondre de manière rigoureuse à ces questions pourtant fondamentales.

Les neurosciences : de l’Egypte Ancienne à la Grèce Antique

Nous avons l’habitude de penser que le cerveau est quelque chose d’important car il est le siège de notre perception, de nos processus mentaux qui nous permettent notamment de penser, mais cela n’a pas toujours été le cas…

L’histoire a commencé dans l’Egypte Ancienne

Les premiers écrits des médecins égyptiens datent d’environ 5000 ans avant JC et ils avaient déjà observé que certains symptômes étaient dus à des lésions du système nerveux. Pour autant, ça n’était pas le cerveau qui était important à leurs yeux mais le cœur ; le cœur qui était selon eux le siège des perceptions, le siège des cognitions , de l’intellect et des émotions. Les organes les plus importants étaient l’estomac, les intestins, le foie et les poumons. Lors de la mort des pharaons ou des personnes dignes d’embaumement, le cerveau était simplement aspiré par les narines et jeté alors que les organes importants étaient conservés dans des canopes la plupart du temps joliment décorées. Le cœur, quant à lui, était laissé en place dans le corps pour la momification.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu:  La naissance des neurosciences (seconde partie)

Les pharaons pouvaient passer dans l’au-delà sans cerveau mais pas sans cœur. D’autres rituels entouraient ce passage dans l’au-delà. Des représentations montrent Anubis, dieu funéraire à la tête de chacal, tenant en équilibre le cœur du défunt d’un côté et la plume de maât de l’autre. Pour le passage dans l’au-delà, il fallait que le cœur pèse moins lourd que la plume de maât.

Anubis testant le passage vers l'au-delà du défunt grâce à une balance sur laquelle la plume de maât et le coeur sont pesés
Anubis testant le passage vers l’au-delà du défunt

Ces croyances de l’importance du cœur n’étaient pas spécifiques aux Egyptiens, elles étaient également partagées par d’autres civilisations telles les civilisations grecque, indienne ou encore chinoise.

La place du cœur et du cerveau dans la Grèce Antique

Et notamment avec Aristote (-384 -322). Ce philosophe grec pensait également que le cœur était important, qu’il était le centre de l’intellect alors que le cerveau ne servait qu’à refroidir le sang.

Nous savons à présent que la vision d’Aristote est infondée mais nous pouvons comprendre que cette théorie ait pu perdurer dans nos esprits de très nombreuses années car lors de la survenance de fortes émotions, nous observons des manifestations de tachycardie qui font battre le cœur très rapidement et parfois de façon irrégulière. Cela pouvait laisser penser que le cœur était important alors que le cerveau était ‘insensible’ à ce type de phénomène.

De nos jours encore, les empreintes de ces théories d’Aristote demeurent dans nos expressions de la vie courante comme “tu me brises le cœur” ou “tu as un cœur de pierre”.

Une autre figure de la Grèce antique était Hippocrate (-460 -370). Il s’opposait aux thèses d’Aristote car pensait que c’était le cerveau qui était important et non le cœur.

Hippocrate s intéressait beaucoup à l’épilepsie, considéré à l’époque, comme une maladie sacrée. La manifestation de l’épilepsie était assez impressionnante, mais Hippocrate ne pensait pas du tout que c’était une maladie sacrée, pour lui c’était un dysfonctionnement au niveau du cerveau. La place du cerveau était très bien illustrée par son traité écrit au IVe siècle avant Jésus-Christ qui s’intitule le traité de « la maladie sacrée ».

Il a inspiré de nombreux scientifiques qui souhaitaient étudier le cerveau et en particulier Galien (129-216 après JC), médecin grec de l’Antiquité qui partageait les idées d’Hippocrate. Ce médecin a fait de nombreuses expériences, notamment sur les animaux et a analysé l’anatomie du cerveau. Galien a notamment pu découvrir à l’intérieur du cerveau des citernes qu’on appelle les ventricules et qui contenaient un liquide, qui pour Galien, était fondamental, car il le considérait comme la base de la communication nerveuse, la base de la communication entre le cerveau et le reste du corps.

dossier neurosciences

Cette théorie était compatible avec la théorie de l’époque selon laquelle le fonctionnement de l’organisme était dû à un juste équilibre de liquides vitaux que l’on appelaient les humeurs. Ces humeurs étaient au nombre de 4 : le sang, la bile jaune, la bile noire et la phlegme (liquide sécrété par l’estomac) et les sensations étaient enregistrées et aller induire des mouvements de ces fluides à partir ou vers les ventricules cérébraux.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu:  La naissance des neurosciences (seconde partie)

Cette thèse de Galien allait dominer toute la médecine pendant à peu près 14 siècles.

Jusqu’à la renaissance, il était interdit, sous peine d’excommunication, de pratiquer des autopsies ou des dissections sur le corps humains, ce qui a de fait ralenti l’étude sur le cerveau.

A la levée de cette interdiction, la connaissance sur le fonctionnement du cerveau n’a fait que croître….

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Un grand merci à T. Gallopin, (neuroscientifique et maître de conférence) pour la très belle formation qu’il prodigue. Claire et abordable pour toute personne qui désire en savoir davantage sur les secrets de notre cerveau.


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